Mort d'Antoinette Fouque, pionnière du mouvement féministe

Mort d'Antoinette Fouque, pionnière du mouvement féministe

Antoinette Fouque un chemin entre enseignement et psychanalyse

Antoinette Fouque (Lemonde) est critique littéraire pour plusieurs maisons d’édition et écrit des notes de lecture pour une troisième parallèlement à sa profession d’enseignante. C’est en 1972 qu'elle mène des débats au sujet de la sexualité de la femme avec la psychanalyste Luce Irigaray. Le sémiologue Roland Barthes est son directeur de thèse. Antoinette Fouque obtient un DEA. Au cours de cette période, l'étudiante fréquente Monique Wittig, écrivaine féministe.

Totalisant plus de six cents ouvrages consacrés à la création des femmes, la société d’édition d’Antoinette Fouque permet à de multiples écrivaines de sortir de l'anonymat. Les boutiques de livres montées par Antoinette Fouque ouvrent leurs portes jusqu'à minuit, ce sont des endroits de rencontres. Dès 1973, cette femme de lettres fonde sa maison d'édition, Les Editions des femmes, et dans la foulée les Librairies des femmes dans les principales villes françaises.

Théoricienne et écrivain

"Le dictionnaire universel des créatrices" parait sous sa direction, il raconte 40 siècles de création des femmes à travers le monde. Antoinette Fouque déteste les "-isme", qui, selon elle, font penser à une théorie. Elle fait alors naître le terme "féminologie". La lutte d’Antoinette Fouque ne répond pas aux tentations du militantisme à outrance, elle revendique la place de mère, qui ne peut d'après elle s’opposer à la libération des femmes.

Une militante sur toute la planète

Avec le MLF lors d’une manif à Paris, Antoinette Fouque clame : « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme ! ». Cette militante fonde l’Observatoire de la Misogynie et le Club Parité 2000. Antoinette Fouque a participé à dans tous les combats pour les droits des femmes.

Enfance et jeunesse d’Antoinette Fouque

De sa jeunesse passée dans un quartier populaire, Antoinette Fouque conservera jusqu'à sa mort un enracinement politique marqué à gauche. La jeune femme fait dans un premier temps ses études dans les Bouches-du-Rhône puis choisit Paris pour étudier les Lettres. Elle se marie alors qu’elle est toujours à l'université. Antoinette Fouque perçoit les problèmes que rencontre une femme lorsqu’elle doit assumer ses mission de mère et d’épouse alors qu'elle a une profession lorsqu'elle devient maman en 1964.

Pour empêcher toute récupération, le MLF, mouvement de libération des femmes,) a vu son sigle déposé à l'INPI. Au début de la décennie 80, Antoinette Fouque quitte le MLF lorsqu'elle part pour les Etats-Unis. Le mouvement est alors en proie à des luttes internes et perd de l’influence. Aidée par plusieurs militantes, elle met en marche le MLF.